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2020 Épitaphes

« Épitaphes » est une série qui parle d’une rupture, d’une fracture, d’un changement irréversible.

 

Le monde a basculé.  Une chose : le choix paisible et réconfortant de rester chez soi ; une autre bien différente : être obligé de rester chez soi. Le lieu considéré jusqu’à présent comme étant un nid, un endroit d’accueil de soi-même et des autres, ne devient-il pas aussi une forteresse cruelle de restriction, une protection nécessaire qui au même temps nous emprisonne ? On s’est réveillé et soudainement ce qui semblait impossible est devenu une réalité cauchemardesque. 

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La vulnérabilité et l’isolement forcé dans lesquels des millions de personnes dans le monde se sont retrouvées, m’a amenée à me poser des questions fondamentales. Dans ce contexte effrayant, quel est l’essentiel ? Quel est l’essentiel en tant qu’être humain et artiste ? Quel est l’essentiel quand toutes les structures et repères semblent s’effondrer dans un futur inconnu. Comment continuer à refaire et rêver mes « chez moi » et les « chez eux ».
Quel est l’essentiel dans un rappel brutal et mondial de notre vulnérabilité ? Quel est l’essentiel quand soudain tout pourrait facilement perdre son sens ? Quel est l’essentiel dans la contradiction et l’absurdité de notre devoir d’interdiction du contact humain pour la préservation de l’humanité ? Le contact humain qui est le pont principal de l’empathie, de l’affection, de la survivance à tout niveau. Le contact humain qui est finalement au coeur de l’art quelque soit le discours, le sujet, la recherche, ou le terrain et la plate-forme.

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Cette série a été créée pendant les premières semaines de confinement, dans un moment de profonde incertitude et d’angoisse face à l’avenir, de distanciation physique et sociale et d’interruption des rapports affectifs et des contacts présentiels avec les gens, mais aussi avec la matérialité des oeuvres d’art. Des sujets qui malheureusement sont d’actualité. 

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C’est un objet personnel et symbolique de l’intimité qui m’a pousée à réaliser ces portraits peints sur des plaques de marbre, comme ceux que l’on trouve sur les tombeaux. Tout est un cycle. Parfois on arrive à une chose par l’antagonisme d’une autre. Peut être est-ce la mort pour retrouver la vie, peut-être est-ce la cruauté pour retrouver la tendresse, peut-être est-ce la distance pour resignifier la proximité.

© Rosa Maria Unda Souki.

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